Sonny Boy Williamson II



Né le 05 décembre 1899 à Sara Jones Plantation (Mississippi)

Mort le 25 mai 1965 à Helena (Arkansas)

Instrument(s) : Guitare   

Grandes dates

1899

Rice Miller nait dans la plantation Sara Jones près de Glendora dans le Mississipi, il prétend être né en 1899, d'autres sources donnent la date de 1912.

1930's

Il se déplace à travers le Mississipi et l'Arkansas et rencontre Blind Lemon Jefferson, Big Joe Williams, Elmore James, Robert Lockwood Jr.. et joue avec Robert Johnson.

1940's

Alors qu'il vit avec Mary Burnett, la sœur de Howlin' Wolf, il est embauché pour l'émission "King Biscuit Time".

1951

Date de ses premiers enregistrements pour les disques "Trumpet". Lors de la faillite de ceux, il est "vendu" à "Chess" pour lesquels il enregistrera plus de 70 titres.

25 mai 1965

Il décède à Helena dans l'Arkansas, après avoir les deux années précédente, participé aux tournées de l'American Folk Blues Festival.


 

De son vrai nom Rice Miller, il voit le jour dans la plantation Sara Jones près de Glendora dans le Mississippi. S’il prétend être né le 5 décembre 1899, de sérieuses incertitudes pèsent néanmoins sur la date exacte. En effet, selon les sources il serait né en 1897, 1905 ou 1912, mais un chercheur, David Evans, affirme avoir la preuve qu'il est né en 1912. Ce dont on est sûr en revanche c’est qu’il est le fils illégitime d'une certaine Millie Ford et d'un Rice Miller dont il adopte le nom,
Il vivra et travaillera avec eux jusqu’au début des années 30 où il entamera une période d’errance sur les routes du sud des États-Unis (principalement le Mississippi et l’Arkansas). Au hasard de ses pérégrinations de “vagabond du blues” il rencontre Blind Lemon Jefferson, Big Joe Williams, Elmore James et Robert Lockwood Jr.
C'est au cours de cette période qu'il joue avec Robert Johnson et développe son style musical ainsi que sa façon désinvolte de se produire sur scène. Willie Dixon se souvient, en effet, avoir vu Rice Miller avec un harmonica amplifié à Greenville dans le Mississippi dans les années 1930 avec lequel il captivait l'auditoire en jouant, par exemple, sans les mains en tenant son harmonica entre sa lèvre supérieure et son nez.
Alors qu’il réside à Twist, dans l'Arkansas, avec la sœur de Howlin' Wolf, Mary Burnett, Miller en profite pour apprendre à Wolf l'harmonica (plus tard il fera pour Chess Records une parodie de Howlin' Wolf intitulée Like Wolf). Dans les années 1940, Williamson épouse Mattie Gordon, qui reste sa femme jusqu'à sa mort le 25 mai 1965 (ou le 23 d'après sa pierre tombale) à Helena dans l'Arkansas.

 
 

En 1941, Miller est embauché dans l'émission King Biscuit Time (un des plus célèbres programme sur le blues) sur la radio KFFA à Helena (Arkansas) en compagnie de Lockwood. C’est là qu’il va en profiter pour se faire un nom (ou plutôt se l’approprier). En effet, le propriétaire, Max Moore, l'engage sous le nom de Sonny Boy Williamson, en pensant apparemment à l'harmoniciste et chanteur du Tennessee, John Lee Williamson. Miller prétendra avoir été le premier à utiliser ce nom et certains pensent même que la prétendue naissance de Miller en 1899 n’est qu’une ruse pour convaincre le public qu'il était assez vieux pour avoir utilisé ce nom avant John Lee Williamson (né lui en 1914). Rice Miller, qui vivait loin de Chicago, où son alter ego était un demi-dieu, n'eut pas le moindre scrupule à lui voler son nom, d'autant moins que celui-ci fut assassiné en 1948. La voie était donc libre. Bref, Miller devient à dater de ce moment Sonny Boy Williamson et Lockwood et le reste du groupe deviennent les King Biscuit Boys.
Le premier enregistrement de Williamson date de 1951 pour Lillian McMurray du label Trumpet Records (Mississippi). Malgré le splendide “Mighty Long Time”, sa carrière discographique reste assez discrète. En 1955, suite à la faillite de Trumpet Records, le contrat de Sonny Boy est transféré aux créditeurs qui le vendent à Chess Records basé Chicago (Illinois).

 
 

Sonny Boy Williamson II prend alors le chemin de Chicago où les frères Chess ont monté le label de blues le plus populaire de l'époque, en bâtissant sur les premiers succès de Muddy Waters. Dès son arrivée en 1955, il décroche un succès retentissant, “Don't Start Me Talkin'”, premier d'une longue série de disques dans lesquels il apporte la preuve éclatante de son originalité (“Keep It To Yourself”, “Help Me”). Moins frustre que Sonny Boy Williamson I (sans avoir les éclats de génie et la souplesse mélodique de Little Walter), il éblouit par l'aisance et la rapidité avec laquelle il passe du chant à l'harmonica, avec un sens parfait de la ponctuation de la phrase musicale.
Entre 1955 et 1964 Williamson enregistre près de 70 chansons pour Chess Records. Dans les années 1960, il parcourt l'Europe durant les beaux jours du British Blues Boom où il enregistre avec The Yardbirds, The Animals (1963), Jimmy Page et Brian Auger (1965). C'est pendant sa tournée au Royaume-Uni à cette époque qu'il adopte le chapeau melon et qu'il transporte son harmonica sur scène dans une mallette, ce qui deviendra son signe particulier. Au cours de cette tournée, il blesse un homme au cours d'une bagarre et quitte donc le pays rapidement.

 
 

On comprend que les jeunes rockers britanniques des 60's aient salivé en écoutant son "Don't Start Me To Talkin' " ou "I Can't Be Alone", mais ses morceaux plus acoustiques et débordants d'émotion, comme "The Sky Is Crying", "When The Lights Went Out", "Bye Bye Bird" ou "The Story Of Sonny Boy Williamson" nous emmènent plus loin des sentiers battus. L'originalité et l'expressivité de son jeu d'harmonica y ressortent mieux, et la voix s'y fait plus chaude, plus veloutée. Sonny Boy Williamson joignait à ses talents celui d'arrangeur, et variait sa palette en ne se refusant pas la présence çà et là de saxophones ou d'un orgue. Mais si écouter Sonny Boy Williamson II engendre si peu de monotonie, c'est avant tout grâce à ses dons de compositeur, versatile dans ses mélodies comme ses motifs rythmiques ou ses climats. Enfin, ses textes méritent un coup de chapeau, et sont parfois pétillants d'humour (comme "Wake Up Baby" , catalogue d'excuses invraisemblables que la petite amie du narrateur lui sert nuit après nuit, quand il rentre du labeur, pour expliquer des traces de présence masculine).
L'Europe lui sourit si bien qu'il songe sérieusement s'y installer pour de bon. Mais la mort le surprend durant son sommeil lors d'un retour aux Etats-Unis, le 25 Mai 1965 à Helena, Arkansas.

 
 

A son décès Sonny Boy Williamson avait enregistré plus de 150 chansons, pour la plupart ses propres compositions. Parmi les plus fameuses on peut retenir : “Fattenin' Frogs for Snakes”, “Don't Start Me To Talkin'”, “Keep It To Yourself”, “Bye Bye Bird”,”Nine Below Zero”, “Help Me”, ”Your Funeral and My Trial”, et le moins célèbre “Little Village”, dans lequel on retrouve un dialogue croustillant avec Leonard Chess, le patron de Chess Records. Certaines avaient été enregistrées en direct pendant le programme radio "King Biscuit Time" dont Sonny Boy fut animateur (ce programme créé en 1941 est encore diffusé aujourd'hui et a passé le cap des 14.000 émissions). Ses partenaires habituels s'étaient appelés Willie Dixon, Muddy Waters, Otis Spann, Robert Johnson, Howlin' Wolf, Elmore James, Arthur Crudup, Lafayette Leake ou Memphis Slim...
Si la légende attribue le jeu de guitare de Robert Johnson à un pacte avec le Diable, Sonny Boy reprit le filon en laissant entendre que le Malin lui permettait de ne pas respirer pendant qu'il jouait... Mais pour ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier, il aurait aussi passé un pacte avec le Seigneur afin de jouer pour un public tous les jours de sa vie. Apparemment, ce n'est pas seulement comme compositeur qu'il débordait d'imagination...
Pour l’anecdote sa chanson “Eyesight to the Blind” a été utilisée dans l'opéra rock des Who : “Tommy”.

 
lien direct vers la discographie de Sonny Boy Williamson II
 

Biographie écrite par Devil's Slide


 

 

Equipe du site

 

Copyright Au Pays Du Blues - 2007-2012 -